Le blog contrarien et anti-mainstream qui pense et prépare le drame de l'après-crise.
11 Janvier 2013
Tous les indices américains sont à une poignée de % de leur records historiques et se comportent comme si on était dans la période la plus faste de tous les temps.
Le Russell 3000 qui regroupe les 3000 plus grandes entreprises américaines et représente 98% de ce qui est investissable aux Etats Unis est à 2% de son record.
Je ne sais pas ce qu'il faut en penser.
Les volumes sont faibles donc comme dit Philippe Béchade, ça monte sur du vent mais ça monte quand même.
Toute cela est lié à 2 facteurs :
- La masse monétaire créée par les QE des différentes zones monétaires (USD, EUR, GBP, YEN...) doit bien aller quelque part, donc cela gonfle tous les actifs, y compris les actions. Tant qu'il y a de la création monétaire, c'est bon pour les marchés actions donc ce n'est pas près de s'arrêter. Et les records boursiers en termes nominaux ne signifient pas records absolus à cause de la dépréciation monétaire. Par exemple, à 3700 aujourd'hui, le CAC 40 vaut 2775 en valeur de l'an 2000 (où il frôlait les 7000, soit une baisse de 60%).
- Les obligations d'état sont au ras des paquerettes en rendement, à taux négatifs dans certains cas, donc les investisseurs vont chercher du risque et du rendement sur les actions.
Si les taux augmentent, on aura d'abord un krach boursier car un retour de liquidités massif sur ce qui présente a priori un rendement plus sûr (les obligations) dans un contexte économique où normalement les entreprises exsangues ne peuvent pas garantir des dividendes mirobolants ni des hausses de cours sur la base de leurs fondamentaux. Puis, à cause de la hausse des taux, les états vont être étranglés par leur dette et la question de leur solvabilité va se (re)poser. On aura alors la rigueur, phase 2 : re-augmentation d'impôts monstrueuses, coupe d'allocations, donc l'économie et la société à genou et au bord de l'explosion.
Les banques centrales ne peuvent donc pas vraiment envisager de hausse des taux, sinon c'est le carnage.
Les taux devraient donc rester bas, voire descendre encore. Car si les intérêts sont très bas, l'épargne devient inutile et les gens vont claquer le peu qu'il leur reste. Tous les gouvernements vont attaquer l'épargne pour relancer la machine : on le voit avec la baisse du taux du livret A et les mesures contre l'assurance vie. Il faut que les gens claquent comme des dé-biles, en espérant que ça fasse quelque chose, d'où le cirque médiatique euphorique sur le lancement des soldes.
Et quand il n'y aura plus de demande (de tunes) pour soutenir l'éco, là on va entrer en déflation japonaise longue durée, baisse des prix, baisse des salaires (ils préparent le terrain avec le dialogue social sur la flexibilité de l'emploi cette semaine), tout va baisser et l'économie sera plantée. Les banques centrales vont refaire des QE à tour de bras pour tenter d'inverser la déflation et rendre leurs monnaies plus compétitives que les autres. Ca ressemble à une situation inédite d'un point de vue macro économique, car ça prend les modèles du XXème siècle à contrepried.
Bref, les indices boursiers pourraient très bien rester un moment encore en lévitation et bien malin qui peut dire ce qui va se passer.
Ce qui est sûr, c'est qu'il n'existe aucune issue avec croissance et prospérité à la clé. Soit on cr-ève à petit feu à la japonaise, soit c'est le brasier.
Dans ces conditions, la seule solution raisonnable, c'est les actifs tangibles sous toutes leurs formes, sauf l'immobilier.
Des chèvres dans le Perche, moi je dis, des chèvres dans le Perche...